AUTEUR -COMPOSITEUR – INTERPRÈTEAngkae KHAMPHENGT

Angkae KHAMPHENGT

Nous participons tous à la création. Nous sommes tous des rois, poètes, musiciens il n’est que de s’ouvrir comme un lotus pour découvrir ce qui est en nous. Henry Miller

1969. Angkae a 11 ans lorsqu’il quitte le Laos pour la France. Il grandit dans le Bordelais accompagné de sa première guitare, celle-là même qui a voyagé à ses côtés.
L’enfant devient un jeune homme et monte à Paris. Très vite, de sa voix chantée, il fait résonner la scène du Golf Drouot et les auditions du Centre de la Chanson, dans le Marais.

Pour Angkae, si la musique s’apprend, avant tout, elle se vit. C’est pourquoi il est un autodidacte de la discipline, qui, depuis 1984, multiplie les collaborations avec des musiciens ou intègre des groupes dans un souci de faire la part belle à la scène. C’est au sein du groupe laotien « Sengtavanh » notamment, en 1984, qu’il enregistre sur cassettes les premières compositions. Évoluant dans des influences sixties et seventies, il prend un virage plus country à partir de 1988.

Durant ces années d’une passion artistique chevillée au corps, jamais il ne cessera de jouer et de chanter. Créatif de la première heure, il lui reste tant à faire découvrir que le rêve n’a rien perdu de sa force.

C’est ainsi qu’en 2020, dans le cadre du Printemps des poètes, Angkae participe à la 12ème édition du Prix Andrée Chédid du Poème Chanté organisé par la SACEM. À cette occasion, il met en musique le texte de Boris Vian ils cassent le monde et tombe en amour pour la poésie. Un EP suivra l’aventure tant l’envie d’explorer ce nouveau monde est aussi immense que le monde de la poésie lui-même. Nourri de ses voyages, il place au croisement de ses influences les couleurs musicales de tous les continents, donnant à l’intemporalité de son travail la dimension cosmopolite et la richesse de toutes ces cultures.

concert angkae

12ème édition du Prix Andrée Chédid du Poème Chanté organisé par la SACEM

Angkae Dessin portrait

Ils cassent le monde
En petits morceaux
Ils cassent le monde
A coups de marteau
Mais ça m’est égal
Ca m’est bien égal
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
Il suffit que j’aime
Une plume bleue
Un chemin de sable
Un oiseau peureux
Il suffit que j’aime
Un brin d’herbe mince
Une goutte de rosée
Un grillon de bois
Ils peuvent casser le monde
En petits morceaux

Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
J’aurais toujours un peu d’air
Un petit filet de vie
Dans l’œil un peu de lumière
Et le vent dans les orties
Et même, et même
S’ils me mettent en prison
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
Il suffit que j’aime

Cette pierre corrodée
Ces crochets de fer
Où s’attarde un peu de sang
Je l’aime, je l’aime
La planche usée de mon lit
La paillasse et le châlit
La poussière de soleil
J’aime le judas qui s’ouvre
Les hommes qui sont entrés
Qui s’avancent, qui m’emmènent
Retrouver la vie du monde
Et retrouver la couleur
J’aime ces deux longs montants
Ce couteau triangulaire
Ces messieurs vêtus de noir
C’est ma fête et je suis fier
Je l’aime, je l’aime
Ce panier rempli de son
Où je vais poser ma tête
Oh, je l’aime pour de bon
Il suffit que j’aime
Un petit brin d’herbe bleue
Une goutte de rosée
Un amour d’oiseau peureux
Ils cassent le monde
Avec leurs marteaux pesants
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez, mon cœur

Poème de Boris Vian

(10 mars 1920 – 23 juin 1959)

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